Lolita / de Vladimir Nabokov

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Maurice Couturier

J’avais lu à plusieurs reprises Lolita , de Vladimir Nabokov, en anglais comme en français, que je croyais bien connaître. Mais l’écoute du texte lu par Pierre-François Garel me donna presque l’impression d’en découvrir une nouvelle version. La diction, le rythme imprimé au texte, le ton lent, insidieux, quand Humbert Humbert évoque ses abjects projets, l’accélération quand il s’enflamme pour celle qu’il qualifie de “feu de ses reins”, l’émotion sensuelle qui affleure en présence de sa nymphette, son mépris quand il évoque “la grosse Hayes” ou toute autre personne se mettant en travers de son chemin, son humour morbide… autant de facettes de l’œuvre que le travail de Pierre-François Garel met en lumière, conférant au texte un relief inédit, une troublante ambiguïté.
Humbert Humbert parle souvent de lui comme d’un monstre et s’il apparaît comme un nymphophile, autrement dit un pédophile, un meurtrier, un pervers, se dessine, au fil du texte une personnalité complexe, un homme frappé par une malédiction qui le rejette de la communauté humaine, dont il est victime tout en en tirant fierté. Merci à Pierre-François Garel d’avoir su si bien rendre les subtilités de l’esprit brillantissime de Vladimir Nabokov.

Cécile Trévian

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