A l’est du soleil, à l’ouest de la lune

Par Mapie Caburet et Jan Vanek Trio

Est-il encore possible d’imaginer des contes racontés aujourd’hui qui aient la même puissance que ceux d’autrefois, consacrés par le temps ? La réponse est oui, avec ce conte norvégien traditionnel revisité par Mapie Caburet. L’histoire, en deux parties, fait penser à d’autres histoires célèbres, comme La Belle et la Bête, ou encore des récits mythologiques, comme Amour et Psyché dont elle s’inspire.
La trame est classique, le parcours initiatique d’une jeune fille : après avoir fait le choix d’épouser une bête pour sauver sa famille, ce qui vaut à l’auditeur de belles scènes sur l’éveil des sens, l’héroïne est confrontée, pour sauver le Prince dont elle n’a pas su respecter la parole, à trois vieilles femmes et d’horribles trolls. Au delà de la simple trame narrative, et c’est ce qui en fait la puissance, ce conte résonne avec les problématiques éternelles de l’amour et de la mort. C’est aussi une histoire de courage et comme le dit l’auteure, « le conte illustre les peurs et les difficultés de la rencontre entre masculin et féminin, l’apprentissage d’aimer ou la quête de soi. »
La musique du guitariste, compositeur Jan V. Vanek, entre folklore et musiques improvisées, qui accompagne tout le long le récit s’adapte aux moments tragiques, épiques et même sensuels du récit et inscrit l’histoire dans le temps, celui qui passe, de l’aventure, du voyage. Elle se marie avec la musicalité de la voix de la narratrice, qui a su trouver un ton, une distance , une simplicité sans niaiserie, un choix de langue qui emportent, entre facétie et sérieux, créant de beaux espaces de rêverie.
On se prend à regretter que le récit finisse par se conclure !

À lire aussi…