Palmarès 2018


Prix du Président de la République

Gérard Pesson

Pour l’ensemble de son œuvre

A l’occasion de la sortie de deux disques

  • Blanc mérité, Ensemble Cairn, direction Guillaume Bourgogne (Aeon / Outhere Music)
  • Musiques de chambre, Cantates (2CD), L’Instant donné et l’ensemble vocal Exaudi (NoMadMusic)

In Honorèm Interprètes

Joëlle Léandre (Musique Contemporaine)

pour l’ensemble de son parcours musical

à l’occasion de la parution de

  • Joëlle Léandre, double bass, Betsy Jolas, Sylvano Bussotti, Giacinto Scelsi, Sharon Kanach, John Cage, Jacob Druckmann, Joëlle Léandre), (2 CD l’empreinte digitale)

Alan Stivell (Musique du Monde)

pour l’ensemble de sa carrière

à l’occasion de la publication récente de

  • Human-Kelt (World Village / Pias)

Bernard Lavilliers (Chanson)

pour l’ensemble de sa carrière

à l’occasion de la sortie de :

  • L’Essentiel des albums studio 1974-2017 (coffret 14 CD Barclay)

Jean-Louis Trintignant (Parole Enregistrée)

pour son parcours au service de la langue française et de la voix parlée

à l’occasion de la sortie de

  • Trintignant Mille Piazzolla, Jules Laforgue, Allain Leprest, Raymond Carver, Gérard Macé, Léopold Sédar Senghor, Jacques Prévert, Robert Desnos, Boris Vian, Paul Cluzet, Guillaume Apollinaire, Pierre de Ronsard, Gaston Miron (1CD + 1 DVD Sony Music, Supermouche Productions, Train Théâtre, Radio France, Les Visiteurs du soir, ARTE)

In Honorèm

Jordi Pujol (Jazz)

pour son travail sur l’édition phonographique et les rééditions

Du label Fresh Sound, pour son travail sur l’édition phonographique et les rééditions, depuis 1983, et en particulier pour ses récentes publications de rééditions et d’inédits du jazz français des années 40 à 60.

Ecoutez ou réécoutez l’émission d’Alex Dutilh avec Jordi Pujol Open Jazz sur France Musique Open Jazz


Prix Filleul

François Moschetta

Pianiste

Filleul 2018

« Le piano est pour moi le fruit du hasard. Petit, je rêvais de jouer de la trompette. L’envie m’a quitté lorsqu’à six ans j’ai touché un clavier », raconte François Moschetta, pianiste de 23 ans, à la veille de son premier récital au festival Toulouse d’été.
Né à Toulouse, dans une famille qui l’a laissé « libre de choisir sa voie », il a poursuivi sa formation musicale au Conservatoire de Toulouse et effectué ses études générales au Lycée Berthelot. « Je voulais alors faire une école de commerce. C’est en classe de première que j’ai décidé de continuer le piano », explique-t-il.
Premier prix de piano dans la classe de Michel Dru au Conservatoire de Toulouse, François Moschetta est admis au Conservatoire national supérieur de Paris en 2014 dans la classe de Michel Beroff. Durant ces années, François Moschetta se distingue par des récompenses dans les concours internationaux de Nice, d’Ile-de-France, de Collioure. Festivals et salles de concerts lui ouvrent leurs portes. « Dans ce métier où la concurrence est très rude, il faut trouver son identité, essayer de faire son chemin », dit-il.

Il a une affinité particulière avec les compositeurs russes Scriabine, Rachmaninov et Prokofiev, ainsi que pour la musique française de Debussy et Ravel. En 2012, il remporte le 1er Prix du Concours international de piano de Nice ; en 2014, le 3e Prix du Concours international d’Ile de France et, en juin 2016, le Prix du public et le Prix d’interprétation de l’œuvre contemporaine au Concours international de Collioure.

A 23 ans, il a déjà donné plusieurs récitals dans des festivals en France et en Espagne. Il a joué notamment plusieurs fois au festival « C’est pas Classique » à Nice, Passe ton Bach D’abord Toulouse, au festival En Blanc et Noir à Lagrasse. Il s’est produit à l’Institut français de Valence et a été invité à la Salle bleue, à Toulouse, en février dernier


Les Grands Prix Internationaux du Disque et du DVD

Stéphane Degout (Soliste Lyrique)

Baryton

A l’occasion de :

  • Enfers - Scènes d’opéra de Rameau et Gluck : Stéphane Degout, baryton ; Pygmalion direction Raphaël Pichon (Harmonia Mundi)
  • Debussy Harmonie du soir. Mélodies / Songs : Sophie Karthäuser, soprano ; Stéphane Degout, baryton ; Eugène Asti, piano, Alain Planès, piano (2 CD Harmonia Mundi)
  • Berlioz, Harold en Italie ; Les Nuits d’été : Tabea Zimmermann, alto, Stéphane Degout, baryton, Les Siècles, direction François-Xavier Roth (Harmonia Mundi)

Bartók Concerto pour violon n°1, Enesco Octuor (Musique Instrumentale et Symphonique)

Vilde Frang, Mikko Franck

Warner Music

Vilde Frang, violon, Orchestre Philharmonique de Radio France, Mikko Franck,
Erik Schuman, Gabriel Le Magadure, Rosanne Philippens, Lawrence Power, Lily Francis, Nicolas Altstaedt, Jan-Erik Gustafsson

Tchaïkovski (Prix DVD)

Iolanta et Casse-Noisette

2 DVD Bel Air

Sonia Yoncheva, Arnold Rutkowski, Marion Barbeau, Stéphane Bullion ; Sidi Larbi Cherkaoui, Édouard Lock, Arthur Pita (chorégraphie), Dmitri Tcherniakov (mise en scène)
Orchestre, Chœurs et Ballet de l’Opéra National de Paris direction Alain Altinoglu

Bernstein (Prix DVD)

Wonderful Town

Bel Air

Olivier Bénézech (ms), Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Toulon, direction Larry Blank

Aurélien Dumont (Musique Contemporaine)

Stillness

Odradek

Ensemble Linea, direction Jean-Philippe Wurtz

The Window (Jazz)

Cécile McLOrin Salvant

Mack Avenue/Pias

Un nouveau témoignage, éclatant, du Grand Art de cette chanteuse franco-américaine, d’origine haïtienne par son père. Voix prodigieusement riche et étendue, timbre remarquable, maîtrise confondante (mais sans une once d’ostentation), musicalité extrême puisée à toutes les sources (musique afro-américaine, chant baroque, chanson française), et formidable sens de l’interprétation : voix virtuose et habitée, comme l’histoire du jazz en a relativement peu produit. Depuis 2010, où elle remporta le prestigiieux Prix Thelonious Monk, elle n’a cessé de s’aventurer dans les répertoires, et ici persiste et signe, mêlant Broadway au Rhythm’nBlues et à Stevie Wonder, sans oublier les standards du jazz (The Peacocks, de Jimmy Rowles) et un inoxydable de la chanson française, J’ai le cafard, immortalisé par Fréhel et Damia. Entre des plages de studio et des enregistrements de concert ce disque, concocté avec l’absolue connivence du pianiste (et organiste) Sullivan Fortner, est en tout point exceptionnel.

Xavier Prévost

Mo Jodi (Blues)

Delgrès

PIAS

Dans un monde très identifié, voir très identitaire, le blues ne cesse de se renouveler, voire de se réinventer, repoussant sans cesse ses propres limites. Delgrès, qui doit son nom à Louis Delgrès, héros de la lutte contre l’esclavage s’opposant à Napoleon en Guadeloupe, bouleverse tout ce monde d’une énergie régénératrice et fédératrice. Français d’origine, ce « Power Trio » d’un nouveau genre, constitué d’un chanteur/guitariste dobro, d’un soubassophone et d’une batterie, évolutionne le blues en y injectant une transe rock abrasive qui évoque autant la soul des touaregs que celle de John Lee Hooker et des Black Keys, tout en revendiquant haut et fort, et en actualisant, le message séculaire de leur figure tutélaire. Voilà aussi pourquoi cette musique rebelle et brûlante, à travers les frissons qu’elle dégage, nous parle autant aujourd’hui, en faisant vibrer aussi bien nos corps que nos esprits.

Jean-Michel Proust

Loin de Garbo (Dès 8 ans)

Livre-CD Editions des Braques

Conte musical écrit par Sigrid Baffert, composé par Alexis Ciesla, illustration : Natali Fortier, interprété par Le Collectif de l’Autre Moitié, raconté par Jean-Pierre Darroussin.

Ils doivent quitter Garbo, leur port d’attache, pour fuir la dictature. Toute la famille : l’oncle Raskine, le tailleur magicien qui ne parle que contrebasse, le jeune couple de tailleurs, Greta et Darius, bientôt parents d’un petit Milo. Il faut parvenir à entrer dans un pays étranger. A quel prix ! Une musique jamais jouée pour un homme en uniforme qui détient « la clef du sol » ! Puis des nuits passées dehors avant de trouver un boulot sinistre. Mais reste toujours le bruit de la couture et la musique de l’oncle Raskine. Jusqu’à l’intégration et la réussite. Un itinéraire, un exil, une migration lente, difficile, tour à tour drôle, triste, émouvante, jusqu’à l’intégration, avec la couture pour fil conducteur. Sur fond de musique d’inspiration tsigane, d’Europe de l’est et de jazz. Le tout remarquablement interprété par le Collectif de l’Autre Moitié, et raconté avec précision et émotion par Jean Pierre Darroussin.

Odile Martin

Alexis HK (Chanson)

Comme un Ours

La Familia / L’autre Distribution

Touré Kunda (Musique du Monde)

Lambi Golo

Soulbeats Records

Le grand retour des Toure Kunda, éléphants de la musique africaine.

Les Toure Kunda sont de retour. Non qu’ils ne soient jamais partis mais après quarante ans de carrière internationale ils ont eu le besoin de reprendre des forces. Et en ce cas, quoi de mieux que de se ressourcer au creuset de cette Casamance où s’enracine l’incroyable saga de la famille éléphant (Touré Kunda en soninké). Car les nouvelles générations l’ignorent, c’est de cette région au sud du Sénégal, entre savane et mangroves, qu’un jour un des frères parti pour la France, fidèle à son ancêtre colporteur-cordonnier qui lui avait quitté le Mali pour la Casamance en quête des peaux de crocodiles nécessaire à son métier. Pour Ismaël qui vient tenter sa chance à Paris en 1975 et qui participera au West African Cosmos, un combo qui expérimente l’hybridation des sons rocks et afro, ce sera donc le parcours classique de l’immigré entre boulots aléatoires, froid et solitude, réseaux associatifs, filigrane thématique de plusieurs chansons ultérieures. Puis en 1977, c’est Sixu, alors impliqué dans une ONG qui forme les paysans à de nouvelles pratiques agricoles, qui le rejoint. Un duo qui se fera connaître au sein des foyers sous le nom de « Frères griots » avant de devenir un groupe de scène avec des musiciens aguerris. C’est qu’un nouveau public aspire à découvrir ce continent africain plein de promesses sonores. Les alliés de l’aventure, au diapason d’une nouvelle conscience planétaire, étant ceux d’une presse alternative (Libération, Actuel…), d’un label défricheur (Celluloïd), de lieux altermondialistes comme Le Dunois ou La Chapelle des Lombards ou d’initiatives formidables comme Africa Fête lancé par le précieux Mamadou Konte. Ainsi, Amadou, le frère aîné rejoignant le duo, les Toure Kunda deviennent les ambassadeurs d’une vague des musiques africaines qui va voir s’affirmer les Salif Keita, Mory Kante et autres Youssou N’Dour et bien sûr de plus anciens comme Manu Dibango, Francis Bebey ou Pierre Akendengue. Dès lors les Toure Kunda vont jouer les pionniers. Précurseurs du phénomène World Music, ils seront les premiers à occuper l’immense Hippodrome de Pantin. Les premiers à organiser une méga tournée en Afrique (cf. l’album Paris-Ziguinchor). Les premiers à épicer leurs musiques de technologies (cf. l’album Natalia avec le mythique producteur Bill Laswell). Les premiers africains à avoir un impact au Japon. On les verra aussi faire tomber la veste aux chefs d’Etats africain lors du sommet de la Francophonie de Vittel en 1983, occuper le Carnegie Hall avec Santana ou rencontrer Mandela... Comme autant de désaveux à ces sceptiques qui, au début de leur carrière, ne les voyaient pas pouvoir jouer au-delà d’un public communautaire. Quand ces fils de Ziguinchor, nourris de James Brown, Led Zeppelin, Brassens ou Creedence Clearwater ont toujours voulu voyager à la rencontre d’autres fratries, avec la terre de leur pays sous leurs semelles et des sabars à portée de main. D’où ce besoin, pour ces quarante ans de scène, d’en revenir à cette matrice qui a nourri leurs imaginaires et leur a fourni leur carburant onirique. Une Casamance qui comme bien des régions du monde a été brutalisée dans son immémoriale teranga (hospitalité) par une mondialisation pas toujours positive dans ses effets (voir par exemple le pillage des forêts ou des eaux de pêche par les multinationales). Aussi les chansons de ce nouvel album, longtemps peaufiné et enregistré façon « studio au village » pour garder le suc de la vie, évoquent les pertes de valeurs de générations en désarroi. Ces valeurs collectives que les Toure Kunda ont toujours fait leurs et que symbolise le djambaadong, « danse des feuilles » pulsant le parcours initiatique des jeunes rentrant dans la vie d’adulte. Des valeurs qu’ils évoquent à travers des métiers comme ceux des paysans, pêcheurs, forgerons ou par le souvenir de cet ex-lépreux qui faisait le tour des concessions pour se se nourrir et dispensait des messages d’amour, de paix et de fraternité. A contrario, les frères dénonçant la marchandisation du làmb (la fameuse lutte sénégalaise, hier école d’humilité et d’exemplarité), devenu une « lutte de singes » (Lambi Golo, titre de l’album), lutte qui n’est pas sans rappeler celle des hommes politiques. On le voit, rien donc de nostalgique dans ce répertoire tant les Toure Kunda ont toujours sensibles aux mutations et enjeux du présent. Avec cet album, entourés de brillants complices musiciens (Paco Sery, Romain Ghezal, Alune Wade,...) et d’amis célèbres (Manu Dibango, Cheik Tidiane Seck, Lokua Kanza...), les Toure Kunda déclinent à leur manière le mot humanité. Puisque, fidèles à l’idée que « l’universel c’est le local moins les murs », eux qui grandirent quartier Santhiaba entre Soninkés, Diolas, Mandingues, créoles portugais, Peulhs ou wolofs, estiment qu’une région du monde ne peut être qu’une métaphore de la diaspora humaine. Aussi dégustera t’on leur thiéboudienne musical, énergique et tendre, mélange de m’balax, rythmes casamançais, funk, pop-rock, pop, épices reggaeisantes, comme une invitation à la danse, au rêve et à l’espérance.

Frank Tenaille

Un toit d’étoiles (Parole et Musique)

Saïd MOHAMED, Karinn HELBERT, Éric LOUVIOT, Ben WALTER, Ensemble DOUNIA

1 CD / Coquelicot, Le Carnet du dessert de lune, La Factorie Maison de la Poésie Normandie

Poème de Saïd Mohamed

Né d’un père berbère, terrassier et alcoolique et d’une mère tourangelle, lavandière et asociale, nomade dans l’âme, Saïd Mohamed a été tour à tour ouvrier imprimeur, voyageur, éditeur, chômeur. Il est maintenant enseignant à l’Ecole supérieure Estienne à Paris. Auteur d’une quinzaine de recueils de poésie (éditions Le Dé bleu, Polder, et surtout Le Carnet du dessert de lune à Bruxelles) et de romans, il écrit comme il a vécu, en nomade, arpentant le corps et l’âme des humains, fouillant dans la plaie, mais aussi cherchant à créer le lien.
Pour ce Toit d’étoiles, ce faux solitaire a réuni autour de lui des ami.e.s artistes. À quatre voix, ils disent le poème dans un jeu de boucles, lui laissant le temps de faire son chemin, la poésie ne répondant pas au rythme frénétique de nos vies, le ralentissant, créant ainsi une nécessaire attention particulière pour porter au plus juste en chacun de nous la valeur des mots. Et la délicatesse du son du cristal Baschet sous les doigts de Karinn Helbert y est pour beaucoup dans ce salutaire ralentissement.

Jacques Fournier

Trintignant Mille Piazzolla (Parole et Musique)

Jean-Louis TRINTIGNANT, Daniel MILLE, Grégoire KORNILUK, Paul COLOMB, Frédéric DEVILLE, Diego IMBERT

1 CD + 1 DVD / Sony Music, Supermouche Prod, Train Théâtre, Radio France, Les Visiteurs Du Soir, Arte, SCPP

Poèmes de Jules Laforgue, Allain Leprest, Raymond Carver, Gerard Macé, Léopold Sédar Senghor, Jacques Prévert, Robert Desnos, Boris Vian, Guillaume Apollinaire, Pierre de Ronsard, Gaston Miron dits par Jean-Louis Trintignant.
Musique de Daniel Mille et Astor Piazzolla

Michel Vuillermoz (Parole Enregistrée)

Les Mains du miracle

Gallimard collection Ecoutez lire

Ce roman de Joseph Kessel, édité en 1960 par Gallimard, fut longtemps indisponible avant sa réédition en 2013.
C’est l’histoire, romancée avec le talent de conteur que l’on connaît de l’auteur des Cavaliers et du Lion, de Felix Kersten, médecin finlandais appelé à apaiser les douleurs d’Heinrich Himmler, et qui put, par le pouvoir de ses mains, obtenir du bourreau nazi la vie pour des milliers de juifs.
Sociétaire de la Comédie française, Michel Vuillermoz, que l’on connaît pour ses savoureuses prestations au cinéma (Adieu Berthe ! ; Les Grandes Ondes (à l’ouest) ; Camille redouble ;…) prête régulièrement sa voix à des lectures littéraires (éd. Thélème). Pour Les Mains du miracle, il ne s’agissait plus d’un prêt, mais d’un don. Le comédien a su, par le seul pouvoir de sa voix au rythme et au timbre sans pareils, donner un souffle tout autant qu’une intimité à ce texte édifiant, nous rendant présent chaque instant de cette tranche de vie hors du commun.

Jacques Fournier

African Discount (Albums)

Bonbon Vodou

Tout s’métisse / L’Autre Distribution


Grands Prix Charles Cros Scène

Clara Luciani

BigFlo & Oli

En Concert