Robert Finley

L’histoire de Robert Finley est unique… Né en 1954, ce fringant septuagénaire ne s’attendait certainement pas à ce que son nom résonne sur les scènes internationales après des décennies de tentatives artistiques peu fructueuses. Il aura fallu le coup de pouce initial de Tim Duffy, président de la fondation « Music Maker », et l’oreille attentive de Dan Auerbach, leader du groupe « The Black Keys », pour que la voix singulière de ce chanteur inspiré parvienne jusqu’à nos oreilles. En 2015, Robert Finley a 61 ans et cherche à s’épanouir en interprétant des ritournelles, seul à la guitare, dans les rues d’Helena en Arkansas. Son authenticité suscite l’intérêt et convainc quelques interlocuteurs avertis à lui offrir sa chance. Son premier album paraît un an plus tard. Le titre, teinté d’humour, est suffisamment explicite pour déceler le récit que son auteur veut alors écrire. « Age don’t mean a thing » (L’âge n’a pas d’importance). Son aventure musicale débute sur les chapeaux de roues.

Les critiques comme le public acclament ce soulman élancé à l’allure de cow-boy
intemporel. L’académie Charles Cros lui décerne rapidement un premier coup de cœur en 2017, puis un deuxième en 2021. La consécration jaillit aujourd’hui avec ce Grand Prix pour un 4e album, « Black Bayou », enraciné dans les marais de Louisiane. Le blues, la soul, les bottes crottées et la voix délicatement rugueuse de Robert Finley nous transportent sur sa terre natale, là où il vécut sa prime jeunesse bercée par le gospel d’une famille pieuse et ses désirs adolescents de braver l’interdit en écoutant, en cachette, la musique profane des grandes figures d’antan. Cet environnement sonore a façonné sa tessiture et son répertoire nourri d’une existence malmenée mais tellement sincère.

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