Alain Fantapie

Président, coordinateur de la commission Chanson, membre de la commission Musique Classique, Musique Contemporaine et Parole Enregistrée

Rédiger une bio pour le site de l’Académie ? Surement pas ! Une bio, c’est ce qu’on trouve (ou pas) dans le Who’s who ? ou dans Wikipedia. Ou encore dans une nécrologie du Monde. Ou, réduite à sa plus simple expression, deux dates sur une tombe, Si ce n’est une bouteille à la mer lancée à Pôle Emploi. Ça s’appelle alors un cv.

1934

Il n’y aura donc pas de bio officielle de moi sur le site de l’Académie Charles Cros. Plutôt, par moments, une autobio minute. Elle commence par ma naissance à Nice le 18 juin 1934, au sein d’une vieille famille du Comté traditionnellement tournée vers les sciences et la musique, et qui compte dans toutes les générations des artistes. La musique est très vite une passion pour Alain et, à 4 ans et demie, il s’exhibe au piano et en public en jouant Le Gai laboureur. Sa carrière de futur virtuose s’arrête toutefois là. Après l’adolescence, tout tournera désormais autour de la langue française et de la francophonie.

1966

Après avoir passé l’agrégation (d’anglais, tout de même), me voilà en 1966 en Ethiopie, Conseiller du Ministre éthiopien de l’Education et des Beaux-Arts, et Chef de la mission d’une mission de coopération pédagogique de 180 jeunes enseignants. Grâce à un ministre intelligent et francophile le français est introduit et rendu obligatoire comme deuxième langue étrangère dans tous les établissements d’enseignement secondaire et une Ecole normale supérieure est créée pour former les futurs enseignants. Le français regagne des positions sur le terrain, un succès dont le coup d’Etat de 1974 et le Derg feront table rase.

1971

De retour en France en 1971 je me retrouve à l’ORTF, rattaché à son Président avec le joli titre de Secrétaire permanent du langage de l’audiovisuel . « Permanent », mais provisoire. Deux ans plus tard j’entre, comme chargé de mission et plus tard Rapporteur, au Haut Comité de la langue française. Organisme placé sous l’autorité du Premier Ministre, L’une de ses missions principales est d’affermir la place du français dans l’équilibre géopolitique. Parallèlement c’est aussi de veiller à son usage et à sa vitalité. Mes responsabilités concernent notamment la préparation et la présentation de la Loi relative à l’emploi de la langue française, votée le 31 décembre 1975, la féminisation des noms de métier, la coordination des commissions ministérielles de terminologie, qui fonctionneront comme une véritable usine à mots nouveaux pour permettre de désigner en français les avancées des techniques et des sciences mais aussi l’évolution de la société. « Software » est intraduisible ? On va voir ça. Et on invente « logiciel ». « Walkman » ? Ce sera « baladeur », exit le « walkman ».
Au Haut Comité de la langue française, le secteur musical me revient naturellement. Création de l’association Echanges musicaux francophones, aide à la formation de cadres africains de la musique, création du label Safari Ambiance consacré aux chanteurs africains, création du Prix international Jeune Chanson placé sous le patronage du Premier ministre qui promeut quatre artistes représentatifs de la francophonie. Avec au Ministère de la culture la création d’un Comité consultatif pour l’exportation du disque. Il y a là déjà comme les prémisses de ce qui m’amènera à l’Académie Charles Cros.

1984

Je quitte le Haut comité et reprends une carrière d’enseignant, très brièvement engagée des années auparavant dans des universités à Edimbourg et en Californie, et je rejoins la Sorbonne nouvelle-Paris 3. La création d’un service d’enseignement "à distance" (EAD) m’est confiée qui prend le nom de Télé 3, ouvrant des formations diplômantes en Roumanie, Egypte, Afrique du Sud en utilisant une salle de téléconférence et les premières possibilités de l’Internet. J’introduis parallèlement dans le département de linguistique française un enseignement de la terminologie et la néologie, dans le prolongement de l’expérience acquise au Haut Comité.

1999

C’est une fin et un début. Collaborateur régulier de Diapason, d’Opéra International puis d’ Opéra magazine, je m’étais signalé depuis le début des années 70 par mes articles de critique musicale. Elu sociétaire en 1978, j’en deviens Président, en 1999, succédant au compositeur Hugues Dufourt. Une autre histoire commence qui se confond avec ce que ce site peut faire connaitre..